Mes performances rendent toujours hommages aux images surréelles qui hantent mon inconscient face à notre situation mondiale présente. À l’aide de personnages loufoques inventés et d’un souci malsain pour le kitch, je force les gens à se moquer d’eux-mêmes et les invite à prendre conscience du mal-être de notre société de consommation et les conséquences imminentes de notre apathie. BIO /PATRICK LONERGAN A posteriori, s’il avait eu le choix, Patrick Lonergan aurait préféré la chaleur du ventre de sa mère plutôt que de voir le jour à Québec en 1983. On se demande où serait Patrick Lonergan aujourd’hui s’il n’avait pas rencontré, à quatre ans, l’art sous la forme d’un violon. Passionné de musique, l’élève lunatique comprend tôt qu’il ne sera pas docteur ni avocat. Pour tromper l’ennui, il se refuge dans le cinéma, où il apprend à raconter des histoires. Quelques années plus tard, étudiant au baccalauréat en études cinématographiques de l’Université Concordia à Montréal, un cours complémentaire sur le VIH-sida bouscule sa vision du monde. Patrick Lonergan doit faire du bénévolat dans une résidence pour séropositifs. Il rencontre des hommes et des femmes de tout âge, de toutes origines et classes sociales atteints par cette épidémie. Ses peurs et préjugés sont vite mis à nu et il se dit : « Patrick, tu dois faire quelque chose ! » Le jeune homme participe à une exposition d’art reliée au VIH-sida, une belle opportunité de tourner un film, mais sa caméra le lâche. Pauvre étudiant, il prend son crayon et dessine son environnement : des édifices qui s’envahissent les uns les autres, des visages tristes et déchus, des jeunes de la rue, etc. Patrick Lonergan que la création du beau pour du beau lui semble inutile. Il s’informe sur l’art engagé et découvre l’art des années 80 contre l’inaction des gouvernements face au VIH-sida. Inspiré, il crée six affiches à saveur engagée sur les thématiques abordées lors du cours : VIH, prostitution, toxicomanie, absence d’éducation sexuelle, etc. Le succès est immédiat et l’artiste comprend que l’affiche (poster art) s’avère le medium idéal pour exprimer son point de vue. « L’affiche étant fréquemment utilisée par les médias et les compagnies pour la vente de leurs produits, je me suis dit, par ironie, que je pourrais utiliser l’affiche pour dénoncer le vide de notre société de consommation» explique-t-il. Extrait d’un article d’Olivier Poulin dans le magazine Sortie, mai 2009.
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